Le haut portail, aux épais barreaux de fontes d’un vieux style, reste ouvert toute la journée. Il donne accès d’abord au parc de l’Institut. Mais une barrière commandée depuis une guérite aux verres fumés règlemente les entrées et les sorties. Une large allée d’asphalte pourpre conduit à l’accueil au centre du vaste bâtiment qui présente une façade tout à fait dans le genre des stations thermales de la fin du XIXe siècle : hautes fenêtres aux sommets arrondis, bordées de pierres de taille en créneaux les démarquant du crépis grisâtre, toits à grosses tuiles bombées, ourlés à leurs bases carrées, montant en pointes comme des clochetons. De toutes parts dans le parc, des arbres dont certains sans aucun doute centenaires (chênes, saules pleureurs, cèdres du Liban) ; des massifs floraux aux teintes habilement choisies ; des bancs, chaises et des tables au métal peint de blanc et percés de motifs végétaux ; en contrebas, à droite de la cour où l’on aboutit, une somptueuse piscine couverte mais que laissent voir la hauteur extravagante du plafond et les baies vitrées dont certaines sont ouvertes.

A l’intérieur, si le hall fait penser à un hôtel de luxe, les couloirs sont ceux des hôpitaux, mais des salons, et des serres évoquent à nouveau la station touristique, et des cours intérieures avec des chaises longues et des parasols, la station balnéaire. Le personnel est toutefois en uniforme médical.

L’Inspecteur Antoine Scobh suivait une secrétaire qui, elle, était en tailleur veste cintrée-jupe aussi élégant que séducteur, dont la teinte bleu lavande s’accordait parfaitement avec ses superbes longs cheveux roux qu’une grande barrette ouvragée de style Lalique attachait savamment.

Il avait rendez-vous avec le directeur, le docteur Christophe Grangier, et il commençait à espérer que le bureau fût le plus loin possible pour profiter encore du plaisir de regarder la démarche de jolie créature. Il tenait dans son porte-documents les manuscrits et imprimés intrigants qui comptaient parmi leurs personnages ce psychiatre réputé, ainsi que plusieurs de ses patients.

 

Romain CARLUS

AVERTISSEMENT

 

Ce site réunit et reconstitue l'oeuvre de Romain Carlus : les rubriques sont donc évolutives, se remplissant à mesure que les manuscrits sont traités.

 

Les deux images ci-dessous indiquent, respectviement :

"En travaux" : l'oeuvre est en cours de traitement avant d'être entièrement publiée

"À suivre" : l'oeuvre va être complétée progressivement

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