Je vais dire quelque chose qui va faire se marrer tous les jeunes (jeunes en surcis) de moins de 40 ans : je n'ai jamais laissé à mes épouses la moindre liberté sexuelle et sentimentale en-dehors de notre couple. On se marie, donc c'est clair, c'est net, c'est sans bavure. Mais même sans être mariés : on s'aime, ou bien on louvoie, on ment. On se donne entier, sans retour, ou l'on mérite la répudiation. Tout le reste ? Petits arrangements minables. Et l'on paye ensuite un psy pour se faire pardonner. On peut aussi, pour les petits budgets ou les radins, se confesser : les ministres pédophiles de Dieu sont très conciliants avec la "faute".

 

Alors que j'ai passé tant d'années (heureuses) de ma scolarité entre les bonnes Soeurs, et cela jusqu'au Bac, je me suis demandé, alors que mes lectures philosophiques et littéraires m'ont libéré de ces superstitions carcérales, j'ai continué à fréquenter les Kto : parce que les jeunes filles catholiques sont les meilleurs coups au pieu !

 

J'étais voué entièrement, depuis mes 15 ans, à l'amour - à la vie à la mort, à l'amour, à l'art et à la culture, à la pointe de la recherche, de l'exploration, et à l'errance du poète, du "voleur de feu", aux "semelles de vent" (Prométhée et Hermès dans la course folle de Rimbaud).

 

Je n'ai pas les moyens de me payer une assurance décès et une assurance obsèques, mais je me fous bien d'être jeté dans la fausse commune (si ça existe encore), et mon cadavre n'aura pas besoin de planches, de récipient, de sac... tout en préférant être enterré dans ma forêt, à même la terre, avec juste un drap de coton blanc. Mais en tout état de cause, je sais que j'aurai pour entrer dans le pire de l'Inconcevable, deux images, après celles de mes amoureuses et celle de la "femme de ma vie" : mon fils, qui a entre trois et quatre ans, dans un chemin (dont je garde le nom pour moi) de la forêt de Compiègne, près de La Brévière, et qui court (parce qu'à cet âge-là, on a tellement de vie qu'on ne sait pas juste "marcher" - plus tard l'école nous apprend à "seulement" marcher, et ensuite le métier nous apprend à seulement ramper), cette image de mon fils me regardant exactement comme si j'avais été Merlin l'Enchanteur, alors que je faisais fumer ma piope ! Regardant les volutes se dessiner dans l'air de l'hiver ; et j'aurai l'image de ma fille, au même âge, dans un grand champ de fleurs, près de la Loire, en été, alors qu'elle portait une jolie robe rose et un gilet blanc de fine laine... et qu'avec dans ses yeux brillait une totale féérie où j'ai eu l'illusion d'entrer un instant !

Je souhaite à tous d'avoir à son dernier souffle l'image de son ou de ses enfants, pour disparaître sans rancoeur.

 

La seule satisfaction complète et gratuite est celle d'avoir eu des enfants avec lesquels, indemnes d'une pauvre morale dictée, rien ne s'est manifesté d'un marchandage, d'une concurrence, d'un jeu intéressé et hyprocrite de bons sentiments en échange d'indulgences (au sens épiscopal du mot) pour couvrir avec pervesion leur penchant humain pour le mensonge, la manipulation et la prétention.

 

J'ai avant tout voulu protéger mes enfants de l'humanité.

La loi des écureuils est plus crédible que celles des humanoïdes.

 

Je râle souvent, je le concède. Je n'aime pas la complaisance, l'ordinaire, l'habitude, l'inculture, le snobisme, etc. etc. Mais : je reconnais la chance d'avoir connu des amours passionnels, et d'avoir finalement connu plus que cela, l'Amour, purement et totalement - c'est facile à reconnaître : c'est quand il devient impossible de se séparer sans dépérir, dans devenir minables et amers pour le reste de nos jours.

 

Si je devais choisir, bien que j'aime tout de chacun de ces réalisateurs : 

Bergman : Persona

Tarkovski : Le Sacrifice

Fellini : 8 et demi

Lynch : Mulholland Drive

Georges Lucas : THX 1138

Scorsese : Shutter Island

Le frères Cohen : O'Brother, The Big Lebowski, Barton Fink

Melville : tout

Truffaut : La Peau Douce

Godard : Pierrot le fou

Carné : Le Jour se lève

Jonathan Glazer : Under the skin

Morretti : Journal intime

Ettore Scola : La Terrasse

Sjöström : La Charrette fantôme

Ridley Scott : Alien

Woody Allen : tout, même le moins bon

Altman : Le Privé

Resnais : tout et plus que tout

Lautner : Laisse aller, c'est une valse - Les Tontons Flingueurs

Christopher Nolan : tout, et surtout Interstellar

Blomkamp : District 9 - Elysium

Shyamalan : Le Village

Nicolas Klotz : La Question humaine

Despléchin : Comment je me suis disputé - Esther Kahn

Eastwood : Bird

Preminger : L'Homme au bras d'or

Jarmusch : tout

Wenders : Lisbonne story

Herzog : Aguirre - Fitzcaraldo

Amenabar : Les Autres (Nicole ! Il love you !)

Cassavetes : Opening night

Jaoui : Le Goûts des autres - Comme une image

Tavernier : Un Dimanche à la Campagne - Dans la Brume électrique

Chomet : Les Triplettes de Belleville

Chabrol : tout

Zulawski : L'Important, c'est d'aimer

Scott Franck, Allan Scott : The Queen's gambit (Netflix !)

Jean Yanne : Tout le monde il est beau

Jean Prat : Les Perses

Carax : Annette, Holy Motors, Le Amants du Pont-Neuf

 

 

Les tortues ne sont pas les animaux pacifiques et placides que l'on croit : elles peuvent être d'une part plutôt véloces, et, d'autre part, de vraie teigneuses ! J'ai vu ma tortue harceler le lapin de mon jardin pour imposer sa seule présence comme animal du "territoire". Elle venait lui mordre les pattes !

 

Je le concède : j'ai "trop" aimé les femmes... "Aimer, même trop, même mal !" Mais si c'était pour le pire, c'était aussi pour le meilleur, pour elles et pour moi. "Non, je ne regrette rien. Rien de rien." Car "jamais de contact avec l'ordinaire", et "au bout du conte" la folle avventura, la Donna della mia vita.

 

Je ne vais pas en vérité avoir 55 ans. Je vais avoir 25 ans. C'est pour ne pas faire désespérer mes contemporains que je cache un peu ma jeunesse éternelle sous quelques rides.

 

Depuis au moins 30 ans, je l'ai constaté : on voit en quelques secondes les aboutissants d'un choix, d'un contexte présent, mais personne ne nous écoute, parce que tous ces gens veulent juste se faire plaisir à dire ce qu'il aiment s'entendre dire... Puis, quelques mois, quelques années plus tard, on les retrouve en train de prendre conscience, avec force effets de théâtre, de ce qu'on leur avait décrit... Et ils restent là, les bras balants... comme des cons qu'ils sont devant l'Éternel.

 

Pendant que la fille de 4 ans cherchait à attirer l’attention de sa mère en remuant juste un peu, en changeant de siège, en plaçant son doudou sur un autre siège... rien de plus, rien de pire que celà ; sa mère, totalement hypnotisée par son téléphone, ne levait ses yeux derrière son masque que pour la suivre et l'épingler avec un regard menaçant et se voulant dissuasif : cette mère n’était plus qu’un mirador.

 

Une âme sauvage qui s'agite parfois éperdument dans la cage de son corps, qui se jette sur le barreaux jusqu'à en saigner à vif... Alors, je sais bien que seulement l'amour et l'art peuvent nous sauver en faisant disparaître de nos yeux les barreaux de cette cage. Ce qui, tant d'années plus tard, me fait revenir à cette vocation à laquelle je m'étais juré de me consacrer à 15 ans jusqu'à la mort : l'Art et l'Amour.

 

Depuis l'âge de 9 ans, j'en suis donc toujour là ? Qui me donnera la force de pouvoir vivre ainsi enfemé dans l'arbitraire d'un seul corps ?

 

1/02

Quand ma mère appelle au téléphone, je sais ce que je risque ma santé mentale en décrochant. Elle ne parle que d'elle, de son ordinaire, en réoétant au moins trois fois les mêmes faits, avec les mêmes mots, et, pire, les mêmes intonations (s'imitant elle-même). On a à peine le temps de dire quelques mots. Elle vous demande comment vous allez et n'attend pas plus d'une seconde votre réponse, pour reprendre son méphitique monologue.

Et elle ne manque pas, avant de finir, de vous reprocher de ne pas assez en dire sur vous-même.

J'ai choisi l'art pour fuir la folie !

Il m'est arrivé déjà de boire pour oublier un de ses appels.

 

Voilà qu'elle m'annonce qu'elle doit faire une IRM parce qu'elle a peut-être une tumeur au cerveau ! J'avais à peine dit que je n'arrivais pas à trouver un médecin, même dans Paris, alors que j'avais eu une crise qui me laissait encore très anxieux, elle m'interrompit net, comme à son habitude, pour préciser que si elle appelait c'était pour parler de SES problèmes - comme toujours. Je lui ai simplement rappelé qu'elle m'a annoncé au moins 10 fois depuis 40 ans qu'elle avait peut-être un cancer - mais chaque fois sur un organe différent, ce qui est somme toute rassurant.

 

Les yeux de Kafka. Il y a dans ce regard étrange l'étonnement de l'Homme paralysé dans son envie impossible d'humanité, toute la folie du 20e siècle, siècle de fer et de sang, siècle mécanique et sadique. Le regard de Kafka est celui de l'homme arrêté à l'entrée d'un rêve qu'on lui interdira pour toujours.

 

Il y a peu de films qui aient aussi bien réussi qu'Under the skin à faire comprendre ce que veut dire "alien" : "étranger".

 

Quartier de Saint-Michel jusqu'au métro Odéon. Le cinéma Saint-André-des-Arts : le cycle Bergman qui devait durer quelques mois et qui a duré au moins 10 ans sans interruption ! "Ça, c'est Paris !"

 

Chacun d'entre nous en ce monde est un problème métaphysique grave et sans solution. Qui peut y répondre ?

On se précipite sur tout ce qui peut refouler, voiler, endormir cette atroce étrangeté d'être "seul" à vivre au monde, mais parfois, on ne dispose plus assez de moyens pour cela. On a besoin de quelque chose pour précéder notre pensée et nous redonner l'adhésion heureuse à notre corps.

Alors, je crois en effet, que l'Humanité, depuis la mort de Dieu, est en train de crever entre angoisse et mensonge par manque de réponses métaphysiques. Mais, heureusement, il nous reste l'Art et l'Amour !

C'est bien cette angoisse métaphysique, cette "difficulté d'être", qui est à la source des meilleures et pires créations humaines : la baise, la torture, la guerre, l'art, la beauté, le pouvoir...

La mort, le néant, le rien, n'est pas un problème ; le problème, c'est de vivre.

 

L'Avare, acte premier, scène IV.

Harpagon, on le voit très bien dans cette scène, doit être joué en tant que sénile ridicule : voix chevrotante, hargneuse mais faible, gestes stupides. Car  Molière ne peut faire de son personnage un "sérieux" critiquant la mode vestimentaire de son Souverain et ami. Harpagon est vêtu à la mode de Louis XIII. Il est autant déphasé dans son habillement que dans ses opinions et ses amours. Il ne peut donc pas tancer son fils au sujet de ses "rubans" à la manière d'un père crédible : De Funès est sur ce point mal dirigé. On tombe d'accord un moment avec ses propos sur les dépenses inconséquentes de son fils, or, ce n'est pas possible.

Mais, partant de cette conception, qui est mienne, très strictement univoque d'Harpagon, lorsque Cléante évoque le souhait des fils de voir mourir leurs pères pingres, il faut que ce souhait paraisse acceptable aux spectateurs. Harpagon doit ainsi être un personnage "absolu" ("l'humain le moins humain"). Et l'on peut distinguer dans l'oeuvre de l'auteur, les comédies absolues et celles relatives : d'un côté les Harpagon, les Pourceaugnac, Arnolphe, Argan, ou monsieur Jourdain, et de l'autre côté, Sganarelle, Scapin, Alceste, Tartuffe (non pas ridicule, mais pervers), et Dom Juan.

 

Je peux témoigner... Pour avoir travaillé cinq ans dans une Grande École d'ingénieurs : les mauvais rapports de "stages ouvriers" (la majorité écrasante) ont cette conclusion convenue : "J'ai appris avec ce stage qu'il vaut mieux faire des études", ce qui veut dire : "il vaut mieux être bourgeois que prolétaire" ; et les meilleurs rapports ont une conclusion de gauchiste : "J'ai appris qu'être ouvrier est un travail difficile, et qu'il faut donc en tenir compte et savoir parler aux ouvriers". Marx ! Je t'en supplie, reviens !

 

 

Avec un nouvel Humanisme, il nous faut une "psycho-métaphysique". On va me dire qu'il y a le Bouddhisme. Mais je n'ai pas envie de me réincarner en cloporte, en fourmi, en cigale ou en pissenlit...

 

Quand on sortait du collège, rue Stanislas Julien, on descendait la rue sur quelques mètres et l'on tournait à gauche pour aller dans une petite épicerie fort peu accueillante et dont le patron montrait une mine blasée de quadragénère que sa femme avait dû quitter, et aux yeux brûlés de fatigue. On adorait cette boutique : on achetait des sachets de graines de tournesol. Une friandise alors très en vogue. On adorait ça. Certains les mangeaient sans retirer la carapace. Moi, j'aimais bien les décortiquer : ça me rappelait la souris blanche que nous avions dans la cuisine, dans une cage, avec son petit moulin, sa litière de coupeaux, son ramequin d'eau, et qui, avec une adresse incroyable et un regard fier et espiègle, retirait si habilement la coque de cette graine délicieuse. Elle s'appelait Nénette.

Elle venait narguer le chat en lui tirant les moustaches !

Elle est morte très âgée, de sa belle mort.

 

 

Le grand retour de cette Angoisse de n'être que "moi" m'aura au moins appris ceci : je n'ai pas peur de mourir, mais je suis très désolé de devoir un jour ne plus être utile à ceux que j'aime.

 

 

Je prèfère encore me faire bouffer la vie par un autre que par moi-même.

 

 

Ce sera comme pour mon grand-père (le vrai, le "yude" !) : une mort sans prévenir et rapide, un arrêt du coeur dans la rue. J'espère que ce sera au printemps et que j'aurai le temps de respirer à fond une dernière fois.

 

 

Quand on vieillit, on passe de la synchronie (ou chronologie) à l'achronie : quoi que soit ce que l'on vit, on ne le voit plus dans l'horizon ouvert où l'on avançait ; c'est juste un pan supplémentaire dans les pièces de plus en plus petites d'une même maison qui restera fermée.

 

 

Je ne suis intelligent que par désespoir - faute de mieux.

 

 

Mon père a renié son père, il a renié ses origines juives, celles des "perdants" de l'Allemagne. Il a renié ce qui l'a mis au monde. Il était donc à la fois catholique par sa mère et juif par son père. Une trentaine de membres de la famille de son père son morts à Auchwitz - détail de l'Histoire. Et seulement le Mémorial américain m'a permis de connaître leurs noms. Rien de la part de l'armée française: salauds !

Donc, en effaçant son père, dont le nom a disparu de la famille très catholique, mon père a été fossoyeur des juifs. Mais il s'est assuré d'être trop stupide pour le compendre et en être responsable.

Il partageait alors cette gêne des antisémites envers le sionisme : le sémite est utile contre le musulman, mais pas plus loin, ce qui produit en fin de compte un rejet de l'ensemble et enracine plus fortement le nationalisme "français".

Or donc, renié en tant qu'homme par ma mère et sans racine paternelle, je peux témoigner : éducation et gènes sont le poids que l'on doit toute "notre" vie tenter de vaincre pour libérer notre âme et notre corps, ces inventions uniques de la Création.

 

Je ne dors jamais vraiment, comme je ne suis jamais vraiment éveillé.

 

Il est certain que mon premier fantasme érotique, et platonique, je le dois à Comencini, et donc au cinéma italien : dans son Pinocchio (le meilleur !), je trouvais la fée, Gina Lollobrigida, très à mon goût. Je regrettais qu'elle n'apparaisse pas plus souvent.

Depuis, entre les filles de Saint-Charles et les actrices s'est forgé en moi un certain type féminin, je ne le nierai pas (et pourquoi diable ?!) : et toujours avec une déterminante gémellité en elles. Pas une simple "duplicité" alernative (genre cyclotimie), mais plutôt le don d'être à la fois la discrète et la débridée. Certes, ce n'est pas un goût original. Mais d'une part, comme le disait Dubuffet, si vous proposez à un homme d'aller embrasser Cléopâtre au bout du monde ou de coucher avec la bonne, assez gironde, il va préférer la bonne ; et, d'autre part, le goût d'abord, pour l'originalité, on verra. 

Rien pour moi de plus démotivant qu'une fille se pavanant sans pudeur en ville et qui n'a donc pas grand chose à faire découvrir en chambre.

En tout état de cause, ce qui attire, c'est bien les signes mutins, engageants mais fugaces d'une femme pudique, et non pas les oeillades et les provocations des filles publiques.

Aussi ces femmes "pudiques", quand elles sont perspicaces, savent-elles très bien souligner par leur vêtement sobre une forme, une courbe, un petit "vu-mais-pas-pris", qui va captiver votre attention et vous rester dans la mémoire.

C'est bien là ce que Barthes définit comme érotisme : le jeu entre voir et cacher, donc entrevoir.

 

 

Aujourd'hui, je ne sais pas, mais, dans les années 90, beaucoup de jeunes filles de Mont-de-Marsan étaient goudous : parce qu'elles avaient comme image dominante des hommes celle des para des casernes dont la devise revendiquée était : "Une bonneux bite, une bonneux bièèère, une bonneux guerre !". Je ne suis pas peu fier d'avoir ramené au sage troupeau des femelles hétéro une fille de Mont-de-Marsan.

 

 

Les Universités de Lettres tuent la Littérature - avec leurs grilles de lectures, leurs dialogues de sourds, leur hypocrisie, leur lâcheté, leur proliférante stérilité.

 

 

Je suis de la branche de Caien, celle des perdants, celle que Dieu ne marque de son signe que pour que l'on soit maudit des Hommes.

 

 

J'ai fait l'erxpérience du peuple, et de la malbouffe... j'ai mangé des nems tièdes avec des frides froides... Et je suis bien placé pour dire que c'est dégueulasse ! Du poison !

Je hais le "populisme", de gauche comme de droite. Ce qui est "peuple" n'est pas  forcément bon.

 

 

Essayons d'éviter le plus possible les dialogues dans le romanesque ; parce que c'est vraiment trop facile ; ça me fait toujours penser à une rédaction de 6ème ou à un best seller américain.

Le maître, c'est toujours Flaubert ; et plus tard, Julien Gracq.

 

"Under the skin", c'est aussi beau que le "Samouraï" de Melville.

 

Mon destin est d'être confronté à la "folie quotidienne". Je ne connais pas (encore...) la folie exceptionnelle de l'ignominie (les camps de la mort, la torture, les génocides...), mais je suis plongé dans l'immense "connerie humaine". Voilà bien un destin réservé à une pseudo-classe sociale, entre pseudo-ouvrier et pseudo-bourgeois et pseudo-noble. Donc : Dieu est capitaliste. Puisque c'est le capitalisme qui a théorisé en premier la réalité des "classes sociales".

 

Rien à faire : je garde dans mon être les deuils des femmes que j'ai quittées. Je leur dois bien ça...

 

Ces instants uniques vécus dans ma petite bagnole, sur le périph, vers 10 et 11 heures, entre la Chapelle et Bastille, à écouter FIP... Kat Onoma, "La Chambre"... Arielle, "Toute une vie à une"...

 

Juillet 2022

Écrire : d’abord, il faut que le mystère demeure ; c’est ce qui donne envie de poursuivre, parce qu’il est impossible de savoir exactement d’où viennent les mots. Ensuite, pendant l’écriture, c’est un ensemble de divers plans de réflexions, de sentiments, d’émotions : lorsque l’on est dans le présent de l’écriture, le présent de la pratique (les mots sur la page), à chaque séquence, comme par vagues, comme par un phénomène dynamique, de nombreux éléments, dont on sait qu’une partie reste dans l’ombre, se déplacent, s’échangent, se réorganisent, dans le temps global, le « monde » de l’œuvre. Tous ces mouvements provoquent bonheur et angoisse : vivre cela est aussi nourrissant que dévorant. Et si l’on veut tout arrêter? On est broyé. On a intérêt à continuer !

 

"Heureux événement"

Ce fut une "délivrance" pour ma mère, mais pas pour moi. En me mettant au monde, elle a laissé en moi une racine toxique (une bouture de sa propre démence destructrice) : je ne peux pas "croire en moi". Mon existence m'inflige toujours le désespoir de son artifice, de son absurdité, de son escroquerie. J'ai assez de talents pour pallier ce handicap avec un certain panache, et souvent de bonnes trouvailles, mais quand il faut rester sur le front, cette putain de racine propage son poison et m'épuise, me paralyse, me pervertit, m'enlise dans l'angoisse. Je ne survis à ça que par l'acte créatif, si futile soit-il

 

Je ne suis pas d'accord avec une des thèses de la philosophie littéraire de l'après-guerre (- Laquelle ?  - 1945.) : le lecteur ne prolonge pas ni n'achève l'oeuvre. On écrit toujours plus loin que l'acte de la lecture, car c'est l'oeuvre qui dépasse et son écriture et sa lecture.

 

Oui, j'ai aimé Béatrice Douvre, et nous avons partagé une commune déserrance, mais jamais je n'ai désiré son corps - qui m'offrait toute la beauté de l'abstraction à porter de regard - : j'ai désiré son âme.

Elle me dit un jour : "Ma soeur a encore été déchaînée à l'occasion d'un mariage qui n'était pas le sien. Je partirai avant elle, et pourtant, je vaux beaucoup mieux qu'elle." Comme elle avait bien raison !

 

Heureusement, depuis, j'ai trouvé "toute" l'âme et "tout" le corps dans une seule personne, une seule incarnation de l'amour. Deo gratias !

 

"Une Saison en Enfer" reste un des miracles de la Poésie. Mais qui lit encore ça ? Maintenant, ils lisent à l'envers des livres d'images japonais !

 

Je sais pourquoi je peux vivre au paradis pour l'éternité dans une salle de théâtre : le velour des sièges, l'odeur de l'antre, des coulisses d'où sortent les "rôles", d'où sort l'événement, et la "caverbe", le refuge... La salle de théâtre est un vagin.

 

Je sais que beaucoup sont déjà morts d'avoir mangé et bu ce que j'ai mangé et bu depuis 30 ans. Mais qu'il ne s'inquiètent pas ! La Mort m'attend au tournant, au tournant d'un verre de trop, d'une pilule de trop, d'un bon plat de trop, d'un orgasme de trop, d'un souffle au coeur qui s'attarde trop... Puissé-je mourir entre les cuisses d'une femme heureuse !

 

Je suis de ceux qui ont su accumuler dans leurs tiroirs des dossiers très compromettants sur La Mort en personne ! Je serai un lanceur d'alerte dans l'Autre Monde.

 

Si nous étions immortels, on ne se ferait pas la guerre !

Preuve supplémentaire de l'absurdité hasardeuse de la création, ou de la culpabilité de Dieu s'il existe : ils nous regarde souffrir... Sadique !

 

La Nouvelle Vague n'a jamlais dépassé son passé honni, l'héritage du cinéma français : Renoir, Carné, Clouzot, Vigo... On peut dire que Renais a vraiment fait du "nouveau", avant son tournant janséniste. Par contre, Fellini, Bergman, Tarkowski, ont vraiment libéré la culture cinématographique de leurs pays. Et, en fin de compte, ce n'est pourtant que la Nouvelle Vague qui a inspiré les cinéastes de mille pays pour dépasser le cinéma de genre, vers un cinéma d'auteur, c'est-à-dire de poète - moderne.

 

J'ai l'honnêteté du perdant. Ou bien, je suis honnête parce que je suis un perdant. Mais, c'est un principe pour moi, on ne fait pas payer ses dettes - morales ou pécunières - par les autres.

 

Les seules chances que j'ai eues dans ma vie, je les dois à mes mains : écrire, caresser - aucune n'y résiste. Et tous les animaux deviennent mes esclaves de plaisir grâce à mes mains. Mais de nos jours, on ne peut plus se toucher sans mobiliser deux ou trois textes de droits internationaux et une bande d'avocats.

Romain CARLUS

AVERTISSEMENT

 

Ce site réunit et reconstitue l'oeuvre de Romain Carlus : les rubriques sont donc évolutives, se remplissant à mesure que les manuscrits sont traités.

 

Les deux images ci-dessous indiquent, respectviement :

"En travaux" : l'oeuvre est en cours de traitement avant d'être entièrement publiée

"À suivre" : l'oeuvre va être complétée progressivement

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