Romain CARLUS, né de père et de mère inconnus, est mort le jour de sa naissance, le 9 novembre 1970, dans les bras d’une sage-femme, peu de temps sortie de son ombre, et dont la trace s’est perdue dans les escaliers de l’immeuble situé au 209 de la rue Saint-Maur, dans le 10e arrondissement de Paris. Ce jour-là, à 19h45, dans un hôpital de fortune établi au coeur d’un chantier dont on ne savait plus bien s’il était de démolition ou de construction, au coeur d’un quartier aujourd’hui méconnaissable, où toutes les fenêtres teintées et miroitantes des immeubles de bureaux vides reflètent infiniment votre image et peut parfois la faire disparaître, ou vous faire disparaître corps, biens et âme, ce jour-là, donc, le ciel était limpide, il faisait chaud, quelques oiseaux chantèrent avant d’être embrochés sur les tiges métalliques des antennes de télévisions, grillés par les ondes alpha. C’était un présage, c’était un message : Dieu, lui-même fort discret sur sa propre identité et dont aucun paparazzi n’a encore pris une seule photo en maillot de bain à Monaco, Dieu voulut inscrire sur le front de cet enfant encore si jeune le sceau de l’Inconnu.

     Mais, par un miracle que l’on doit au progrès industriel de l’Art pour tous, le cri primal, et final, du petit Romain fut enregistré sur un magnétophone stéréophonique Philips (modèle vertical). Or, par un miracle que l’on doit à Sainte-Barbe, le support magnétique ayant fixé pour l’éternité cette voix sortie du grand mystère de la création, avant d’être anéantie dans le silence non moins éternel du mystère de l’autre monde, ce support magnétique fut trouvé dans le grenier d’une maison, saisie par la main vigoureuse d’un beau pompier musclé qui sentait bon la sueur du sauveteur, juste avant que ne s’écroule à tout jamais le grenier où cette bande sonore se trouvait, le grenier de la maison incendiée d’une petite grand-mère brûlée vive sous les yeux inquiétants de Léon Zitrone commentant les pompes funèbres du Général de Gaulle. Le jour même où un Grand homme perdit la voix, une petite voix allait devenir celle d’un Grand inconnu.

     Or, par un miracle que l’on doit à l’Esprit scientifique, le cousin germain de ce pompier amateur de bandes magnétiques au risque de sa vie et non moins au risque de la vie des autres, n’était autre que l’un des plus grands savants méconnus de la recherche audiospectrale du cri primal, dont il pensait décrypter enfin la syntaxe et porter le sens inouï à l’oreille de l’humanité tout entière. Après de complexes opérations dont les procédés sont malheureusement perdus (car son inventeur ne savait pas écrire et faisait tout de tête jusqu’à sa mort), les 2 minutes 37 secondes et 15 centièmes du cri de Romain CARLUS étaient devenues un discours ininterrompu qu’il a fallu plusieurs années pour écouter et encore plusieurs années pour transcrire.

Notre équipe de copistes illettrés travaille encore d’arrache-main pour que cette immense oeuvre soit enfin lisible et accessible au plus grand nombre, jusqu’à atteindre enfin son dernier mot.

Ici, vous pourrez donc lire cette oeuvre étonnante, polymorphe et parfois déroutante, dont souvent la beauté laisse sans voix.

     Le travail continue...

 

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Romain CARLUS

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"À suivre" : l'oeuvre va être complétée progressivement

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